Le compte rendu de Brendan

Le mercredi 26 août 2026, l'Association Randonnée Naturiste de Bretagne (ARNB) a organisé une nouvelle marche du côté de Lizio. Pour les participants ayant opté pour le covoiturage, le point de ralliement était fixé à Chartres-de-Bretagne. Nous avons ensuite fait route ensemble jusqu'au point de départ de notre boucle : le parking d'Aventury - Escape Game Bretagne, à Lizio.

Après avoir patienté pour s'assurer que tout le monde était bien arrivé et préparé, notre groupe, composé d'une quinzaine de personnes, s'est enfin mis en route.

Dès notre arrivée sur le sentier forestier balisé, nous avons quitté nos vêtements pour les ranger dans nos sacs à dos. Comme le veut la règle de l'association, chacun a pris soin de conserver en accès rapide un vêtement ou un paréo. Cette précaution est essentielle : elle permet de se couvrir immédiatement en cas de rencontre afin d'éviter tout malentendu ou de choquer des personnes qui pourraient être surprises par la simple vue de la nudité. Surtout, cette démarche prouve notre bonne foi et invalide toute accusation d'exhibition sexuelle, un délit encadré par l'article 222-32 du Code pénal.

La pertinence de cette consigne n'a d'ailleurs pas tardé à faire ses preuves. À peine étions-nous en tenue d'Adam et d'Ève que deux passantes ont fait leur apparition. L'ensemble de la troupe a fait preuve d'une grande réactivité en appliquant parfaitement la procédure de courtoisie et de protection juridique. Une fois les promeneuses passées, nous avons pu nous dévêtir à nouveau et poursuivre notre randonnée en toute quiétude.

Nous avons ensuite continué notre parcours, traversant une belle diversité de paysages alternant forêts, clairières, champs et sous-bois. L'ambiance était excellente, fidèle à l'esprit de convivialité que l'on retrouve si souvent dans ces sorties. Les échanges allaient bon train : discussions sur la vie quotidienne, partage de nos passions et bien d'autres sujets enrichissants.

Sur cet itinéraire plutôt sauvage, les rencontres ont été extrêmement rares. Les seuls moments où nous devions recourir à notre fameux tissu de « protection 222-32 » étaient lors des traversées de routes goudronnées, où un véhicule pouvait surgir à tout instant. Le reste du temps, la marche s'est déroulée dans un confort absolu. J'ai d'ailleurs pu constater un des grands avantages de la pratique : bien que l'effort physique et le beau temps m'aient fait un peu transpirer, la sueur s'évaporait très vite. Sans vêtements pour emmagasiner la chaleur, et avec un sac à dos dont le poids était parfaitement ajusté, je n'ai ressenti aucune fatigue, malgré mon manque d'habitude des longues marches.

Vers midi, nos pas nous ont menés vers un pont enjambant le ruisseau du moulin. C'est là que j'ai aperçu une charmante cascade. Le jeu de lumière, filtrant à travers les arbres et caressant l'eau, était tout simplement magique. Impossible de résister ! Accompagné d'un autre participant, environ de mon âge, qui a eu la même idée, je me suis arrêté pour prendre quelques photos. Nous avons pris un peu de temps pour m'immortaliser devant la cascade, laissant les autres randonneurs prendre un peu d'avance. Cela en valait largement la peine ! Même s'il y avait d'autres possibilités de prises de vue, nous ne nous sommes pas trop attardés pour respecter la dynamique collective, et nous avons rapidement rejoint nos camarades à l'intersection suivante.

Tout au long du trajet, je me suis accordé quelques autres brèves haltes dans des endroits particulièrement photogéniques, désireux de garder des souvenirs personnels de cette superbe balade. J'en profite d'ailleurs pour remercier chaleureusement l'un des membres qui a gentiment accepté de jouer les photographes sous mes directives ; nous avons vraiment pris de chouettes clichés.

Finalement, porté par cette belle énergie, j'ai vu la fin de cette première boucle arriver sans même m'en apercevoir. Il était désormais l'heure de s'installer pour un pique-nique bien mérité.

Pour ce repas, il nous fallait récupérer une partie de nos victuailles restées dans les voitures. Et là, surprise : le parking n'était plus désert ! N'ayant pas reconnu la fin de notre boucle, je n'avais pas anticipé ce retour à la civilisation, et je ne portais qu'un paréo qui tenait à peine. Dans le doute, je me suis discrètement caché derrière l'un de nos véhicules pour enfiler rapidement un short. Pendant ce temps, d'autres membres, nullement décontenancés, discutaient tout naturellement avec les visiteurs présents.

Une fois nos garde-manger réunis, nous sommes repartis, cette fois en direction du nord, en longeant un étang où de petits poissons venaient happer l'air à la surface. Notre petite équipée est passée devant une ancienne bâtisse aux allures presque médiévales. Toujours habillé, j'ai couru de l'autre côté de l'étendue d'eau pour immortaliser cet instant : le superbe cadre végétal des arbres encadrant la maison, avec les petites silhouettes de nos marcheurs défilant devant.

Nous nous sommes ensuite enfoncés dans une forêt particulièrement vallonnée et très pentue. Dès que l'étang a disparu de notre champ de vision, la quasi-totalité d'entre nous a repris le mode naturiste. Nous avons trouvé une belle prairie pour nous arrêter. Bien que l'endroit soit exposé à un petit sentier, notre pause repas et notre temps de repos n'ont été troublés par aucun passage.

À 14h, il était temps de reprendre la marche. Un léger différend d'itinéraire a animé nos deux chefs de file concernant la direction à prendre, mais nous avons finalement opté pour un tracé rallongeant légèrement notre parcours. Nous avons emprunté une piste de VTT avant de longer un nouvel étang. Là, nous avons croisé une promeneuse regagnant sa voiture, visiblement intriguée de voir passer ces hommes torses nus, dont certains vêtus de simples paréos. Nous avons ensuite poursuivi notre balade en toute tranquillité, alternant de nouveau entre forêt et traversées de champs.

À la sortie d'un bois, au détour d'un sentier, nous avons aperçu deux passantes — l'une vêtue d'une robe de style oriental, l'autre dans une tenue plus occidentale — qui marchaient dans la même direction que nous. Arrivées à une intersection, elles ont bifurqué à droite, prenant exactement la direction que nous comptions emprunter. Soucieux de pouvoir continuer en mode naturiste sans risquer d'importuner ces visiteuses, nous avons pris la décision d'inverser le sens de notre boucle et de continuer tout droit.

Environ 500 mètres plus loin, la météo a commencé à sérieusement changer. Quelques gouttes se sont fait sentir, vite suivies par une petite pluie. Nos chefs de file ont alors préféré opter pour un passage plus court afin de nous abriter sous une zone boisée, offrant une protection relative contre l'averse. Certains ont sorti leur imperméable, mais ce n'était au fond rien de méchant. Pensant que la pluie allait bientôt cesser, nous avons poursuivi notre progression.

Ce raccourci improvisé nous a menés devant une ferme imprévue. Heureusement, les lieux semblaient déserts. Mais nous n'étions pas pour autant sortis d'affaire. Il nous a fallu traverser une barrière d'arbres jonchée de ronces. Par chance, la végétation comportait quelques trouées providentielles qui nous ont permis de passer. Le doute a commencé à s'installer sur la bonne direction à prendre, mais l'un des chefs de file a su nous rassurer en redonnant le cap avec assurance. Il faut savoir qu'habituellement, nous empruntons des parcours reconnus à l'avance, privilégiant des zones globalement désertes en semaine.

Une fois la ferme laissée derrière nous, la pluie a complètement cessé et nous avons continué notre avancée à travers champs. La nature nous a alors offert de jolies rencontres : nous avons d'abord croisé une superbe salamandre noire et jaune, puis quelques chevaux un peu plus loin. Chacune de ces apparitions a fait prendre un peu de retard au « petit groupe des photographes » dont je faisais partie. On n'a pas tous les jours l'occasion de croiser ces animaux, il fallait bien prendre le temps de les immortaliser (tout en veillant, bien sûr, à ne pas trop les troubler !). Après ces belles séances d'observation, nous avons doucement commencé à entamer la partie du retour.

Soudain, un fort grondement a retenti dans le ciel. Puis un deuxième. Au-dessus de nous, un imposant cumulonimbus dont la base floue ne trompait aucun œil averti : nous avions une chance sur deux de prendre une saucée, et nous avons visiblement perdu à pile ou face. L'averse s'est abattue avec une force impressionnante. Presque tous ont rapidement enfilé leur imperméable ou leur poncho, à l'exception d'un membre qui n'avait pas anticipé une arrivée si précoce de la pluie.

De mon côté, je ne sais pas si c'était par solidarité ou par envie de ressentir le tapotement incessant de la pluie sur ma peau (je penche très fortement pour la seconde option !), mais j'ai choisi de ne pas me couvrir. J'ai utilisé mon imperméable uniquement pour protéger mon sac et mes affaires, restant ainsi délibérément exposé. Bien que les gouttes fussent froides, la température n'avait rien de glacial, probablement grâce à l'absence de vent. J'ai savouré cette sensation inédite pendant un bon quart d'heure.

Nous nous étions d'abord arrêtés pour nous abriter temporairement sous le couvert des arbres, mais nous avons dû nous résoudre à avancer. J'estimais en effet que l'averse n'allait pas passer en dix minutes ; la météo avait d'ailleurs prévu une à deux heures de précipitations, et elle ne s'était pas trompée. Nous avons donc repris notre marche. Si la plupart étaient bien emmitouflés, nous étions quelques-uns à continuer ainsi, peau nue sous le déluge. C'est une expérience rare et vraiment agréable de sentir la pluie sur soi, à tester absolument quand il n'y a pas trop de vent.

Il a fallu toutefois se rhabiller et enfiler nos protections pour la traversée du village de Lizio. Mes chaussures étant complètement trempées, j'ai pris le parti de marcher pieds nus sur le bitume. La sensation était étonnante : c'était comme marcher au bord de l'eau sur la plage sous une pluie battante, une fraîcheur liquide particulièrement agréable sous la plante des pieds.

Nous avons fini par regagner notre point de départ. Cette fois-ci, grâce aux intempéries, le parking était totalement désert. Nous avons pu nous changer à notre rythme, sans même chercher à nous cacher. La pluie s'était un peu calmée, bien qu'elle continuât de tomber doucement, marquant ainsi la fin de notre randonnée.

Ce que je retiens de cette journée, c'est avant tout une très chouette expérience, ancrée dans l'instant présent. Les petits imprévus rencontrés en chemin ont apporté un léger pic d'adrénaline, rendant l'aventure encore plus vivante. De plus, marcher au sein d'une telle équipe s'est avéré à la fois rassurant et profondément convivial. Ce fut vraiment une belle journée, et ce, peu importe la météo capricieuse.

Je ne sais pas si mon travail me laissera facilement l'occasion de renouveler l'expérience, mais si l'opportunité se présente, je repartirai en balade sans hésiter. J'ai d'ailleurs soigneusement noté l'emplacement de la cascade si je reviens dans le coin un jour. Mon sens artistique me dit que je n'ai pas fini d'observer et de capturer la beauté de Mère Nature. Enfin bref, une bien chouette journée !

PS : Petite anecdote sans aucun rapport avec la randonnée, mais une fois rentré chez moi, je suis reparti dans les champs voisins pour y capturer les éclairs de l'orage en photo ! Je ne suis pas déçu !

En photos

 

Merci à Brendan, Jean-François et Paul.

Et un petit extra hors rando